CATASTROPHE  DE  COURRIERES  10 MARS 1906
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      Nous relayons ici un article de notre ami et collaborateur belge Willy PARFONDRY, publié dans un bulletin wallon " Batia moûr soûl", rappelant la terrible catastrophe minière de Courrières, dans le Bassin minier du Pas-de-Calais, faisant 1099 victimes, et mettant l'accent sur les conditions d'exploitation des ouvriers mineurs, qui n'avaient pas statut d'êtres humains, mais de matériel humain et utilisés comme tel. Un immense merci à Willy Parfondry qui ne manque jamais une occasion de rappeler le machiavélisme du patronat, de quelque nationalité qu'il soit, et son souci premier le gain immédiat, quel qu'en soit le coût humain.
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LA CATASTROPHE DE COURRIERES 1099 VICTIMES 10 MARS 1906  - IN MEMORIAM
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          Il y a 120 ans, une catastrophe frappe nos voisins du Nord-Pas-de-Calais. Elle fait 1099 victimes dans les 4 fosses de la Compagnie minière de Courrières.
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  Le 7 mars, un feu avait été découvert dans la veine ‘’Cécile’’ de la fosse de Méricourt. Tandis que le travail continue dans les char-bonnages, les ingénieurs et les chefs porions décident d’édifier un barrage pour l’étouffer, mais cela ne suffit pas. Les deux jours suivants les mineurs continuent à travailler mais la situation empire. D’autres barrages sont dressés, en vain.
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Un délégué mineur, Pierre Simon, dit Rico, demandait que personne ne descende dans la mine tant que le feu ne serait pas éteint. Mais son avis n'a pas été suivi.
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Le 10 mars, une explosion soulève la poussière de charbon provocant un ‘’coup de poussier’’ encore plus dévastateur qu’un coup de grisou. Des galeries relient entre elles les fosses de la Compagnie.
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          La flamme parcourt les 110 kilomètres de galeries en moins de deux minutes (soit à une vitesse de plus de 3 300 km/h). Les gaz asphyxiants et nauséabonds s’y répandent. Les débris ainsi qu’un cheval de trait au travail dans le charbonnage sont projetés à une hau-teur de 10 mètres.
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          Le 11 mars, l’air est irrespirable, les premières équipes de sauveteurs doivent interrompre leurs
travaux.
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          Le 12 mars, les opérations de sauvetage ne peuvent se poursuivre qu’avec des sapeurs-pompiers munis d’équipements spéciaux. 8 viennent de Paris. Ils sont rejoints une vingtaine d’hommes expérimentés venant d’Allemagne, du secteur houiller de Dortmund, dont 8 sapeurs pompiers disposant d’appareils respiratoires à la pointe du progrès. Leur mission est épouvantable. Dans les galeries éboulées c’est le chaos : des pierres, des bois sens dessus dessous. Les corps marqués par des signes d’asphyxie, la plupart en décomposition, brûlés, déchiquetés, ne sont plus identifiables.
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          Vu leur état, les funérailles sont faites à la va-vite. Les corps sont ensevelis dans une fosse commune, la nécropole de Méricourt surnommée “le Silo”. Le lendemain, les mineurs refusent de redescendre au fond. Les maisons du coron appartiennent au charbonnage : les veuves seront obligées de partir.
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          Miracle ! Treize mineurs parviennent à remonter à la surface vingt jours après le drame. Ils ont survécu dans le noir en mangeant l’écorce des poutres de soutènement et la viande de chevaux de trait morts. Un quatorzième rescapé sera même retrouvé après vingt-cinq jours de calvaire.
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          Ces “revenants” sont devenus les symboles vivants d’une négligence patronale révoltante. Leur survie prouvait que des hommes auraient pu être sauvés si les recherches n’avaient pas été abandonnées au bénéfice de la sauvegarde du profit industriel.
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          La colère et la révolte montent dans le bassin minier. Les syndicats appellent à la gréve. Des puits environnants, elle gagne tous les bassins miniers français et même le Borinage. Fin mars, 60.000 ouvriers sont en gréve. 30 000 gendarmes et soldats leur font face, un officier de l'armée est tué le 23 avril. À la fin du mois, le patronat concède des augmentations de salaires. Le travail reprend début mai. De nombreuses arrestations ont eu lieu.
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          Sous la pression de l’opinion publique et des syndicats, le gouvernement est obligé d’agir, notamment par l’instauration de la loi du 13 juillet 1906 sur le repos hebdomadaire obligatoire et par une révision totale des normes de sécurité minière.
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          C’est aussi le point de départ de l'immigration dans le Nord-Pas-de-Calais. 900 mineurs kabyles seront embauchés par la compagnie des Mines de Courrières dès 1910 et les autres compagnies vont lui emboîter le pas.
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          C’est la catastrophe de Courrière qui a ouvert l’entrée dans notre vocabulaire actuel du mot ‘’rescapé’’. Issu du picard parlé par les gens du Nord, largement repris par la presse de l’époque, il a définitivement pris la place du français ‘’réchappé’’.
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          Chaque fois que désormais nous entendrons le mot RESCAPE , rappelons-nous sur quel autel on a sacrifié les travailleurs.
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Ce résumé a été réalisé à partir de la consultation des sites :
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Geneanet.org est une organisation consacrée à la généalogie. Pour rendre hommage aux 1099 mineurs qui ont péri dans la catastrophe de Courrières, elle s’est lancée dans un projet d’arbre généalogique mémoriel de toutes les victimes.
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          Divers bénévoles ont travaillé pendant deux ans. Ceux du site fouquiereschf.free.fr, ont relevé tous les décès dans les mairies et fourni librement sur leur site la liste des victimes, à partir de laquelle l’arbre a été construit, puis tous les membres de Geneanet ont donné de leur temps pour reconstituer les généalogies des victimes et réaliser un résumé complet du travail généalogique fourni, avec une carte interactive des lieux de naissance des victimes à visualiser sur Google Maps. Toutes n’étaient pas de la région, mais beaucoup venaient d’autres mines, y compris de Belgique.
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https://fr.wikipedia.org/wiki/Catastrophe_de_Courri%C3%A8res#cite_note-14